15 mars, 2019

Tendre extrait

Pour vous mettre l'eau à la bouche, vous pouvez lire un extrait de mon nouveau roman, "Tendre" au format pdf. Les 25 premières pages. (s'ouvre dans un nouvel onglet)

Je rappelle que le livre sortira chez La p'tite Hélène éditions, au printemps 2019 et qu'il est actuellement en préventes jusqu'à cette date. (Voir le billet relatif à cette annonce)

tendre_extrait1.pdf

22 février, 2019

Extrait Tendre (3)

Elle avait choisi d’accoucher dans la vieille cabane, au bord du fleuve. Une végétation luxuriante la cachait de la ville, suspendue aux gradins du coteau. Les bruits du train qui passait juste au-dessus, des voitures qui descendaient de la ville ou des avions du petit aérodrome qui lâchaient régulièrement dans le ciel des corolles de fleurs multicolores, recouvraient les vagissements du nouveau-né. La femme gisait sur des hardes, le visage en sueur, mêlée de larmes. Elle venait, dans un sursaut d’énergie, de poser l’enfant sur sa poitrine. Elle était épuisée. Dans sa solitude animale, elle se disait que, délivrée de ses entrailles, il ne lui restait plus qu’à attendre la mort qui la délivrerait de sa vie misérable. Elle ne se souvenait plus de son dernier repas. Curieusement, la faim ne la tordait plus de douleur. Elle ne ressentait rien. Ni au bout des doigts, ni sur aucune partie de son corps. Sa peau était rêche, insensible. Comme morte. À travers les brèches du toit, elle voyait des bouts de ciel bleu. Des fleurs y tourbillonnaient, rouges, bleues, jaunes ou vertes, avec une sorte de tige à leur extrémité. Parfois, il lui semblait que les pétales de ces fleurs, ébouriffés par le vent, allaient s’entortiller et la fleur tomber brutalement. Chacune de ces apparitions florales était précédée du bruissement sec d’une toile frappant l’air. Elle voyait alors apparaître une corolle, puis une autre, puis encore une. Six, à chaque fois.

15 février, 2019

Extrait de Tendre (2)

C’est alors que son regard se porta sur une jeune fille qui était restée un peu en arrière et qui devait avoir une quinzaine d’années. Elle était grande. Longue sur ses jambes. Et maigre. Ses joues étaient creusées de noir. Le noir de la douleur, de la fatigue, de la peur. De la poussière des chemins. Ses vêtements étaient maculés de boue. Son regard vide semblait surtout s’être libéré de quelque chose. D’un poids. D’une tension. Elle non plus, visiblement, n’aurait fait un pas de plus. C’était la seule grande parmi cette troupe. Une adulte en somme. Sans lâcher le petit garçon qui dormait presque sur ses épaules, Tania s’approcha d’elle. Elle restait figée sur place et regardait droit devant sans rien voir. Ou peut-être ne croyait-elle pas à ce qu’elle voyait.

— Comment t’appelles-tu ?

La voix de Tania dut résonner comme une chanson dans tout le corps de la jeune fille, car elle se mit à vibrer. Il y avait probablement très longtemps qu’on ne lui avait adressé la parole. Lentement, elle tourna la tête vers Tania. Puis son expression changea. Ses lèvres se détendirent et son visage dessina un sourire. Elle avait le teint mat, des yeux en amande plein d’un feu noir dans le fond, et de longs cheveux de jais sous la poussière blanche des chemins qui les voilait. Après un moment d’affolement, presque de panique, la jeune fille dit s’appeler Lycia. Le seul fait de prononcer son prénom, fit exploser le bouchon qui retenait tout le pétillant des mots.

Lycia était sur le point de se liquéfier et de se dissoudre sur place. C’était de toute façon, pour elle, le bout de la route.
— Sois sans crainte, lui dit Tania. Je ne sais pas si ici est la grande plaine que tu cherches, mais il y fait bon vivre désormais. Et c’est avec joie que nous vous accueillons. Comment – et Tania fit un geste de sa main libre vers les enfants épuisés et affamés – pourrions-nous vous chasser ? Ce serait un crime épouvantable.
De cette même main, Tania prit Lycia par les épaules qui s’abandonna à son tour contre elle en pleurant tout ce qu’il lui restait de larmes.
— Tu as des parents ? lui demanda-t-elle après un moment.
— Je n’ai plus personne. Et d’autres larmes inondèrent le visage de Lycia.
— Tu es épuisée, mon enfant. Tu as été courageuse. Tu as été une mère. Tu es digne de ton titre d’être humain. Ton calvaire est terminé. Vous êtes arrivés au bout de la route. Le bout de la route, c’est là où on se sent bien. Où on se sait aimés. Et vous serez aimés. Je puis te l’assurer. Venez, nous allons vous donner à manger. Et après, toilette. Ici, ce n’est pas la corne d’abondance, mais comme disait – je ne sais plus trop qui lorsque j’étais petite – quand il y en a pour un, il y en a pour deux.
Au mot Manger, Picou sortit de la torpeur dans laquelle il était plongé suite à cet instant étonnant et se remit à trépigner en piquant l’air de petits staccatos.
— Manger ! ’tits, manger ! Ah Ah… Manger !
La foule suivit Picou et on aurait dit que tous allaient s’envoler vers le nid, là-haut, sur l’esplanade. Avant de les suivre, tenant toujours l’enfant endormi sur son épaule, Tania jeta un coup d’œil à l’ancien canal. Quelque chose avait attiré son attention. « De l’eau, se dit-elle. On dirait qu’il y a plus d’eau. Il faudra que j’en parle à Tsuki. Peut-être pourrions-nous le réhabiliter, ce canal. » Elle se souvint, non sans une certaine émotion, d’un temps où des bateaux glissaient sur une eau verte au fond de laquelle se miraient de grandes algues statiques. Le souvenir s’était effacé et voilà qu’il ressurgissait dans les eaux lointaines de sa mémoire. « On ne refait pas le passé, conclut-elle. Mais on peut parfois en dépoussiérer quelques pans. » Avant de remonter, à son tour, vers les hauteurs du village, elle jeta un regard vers le fleuve, en contrebas. Il lui sembla qu’il chantait un peu plus fort sur les haut-fonds. « Le monde n’est pas mort, murmura-t-elle. Pas tout à fait. »

5 février, 2019

Extrait de Tendre

L'incipit, et un petit peu plus, de Tendre.

Ça sentait drôle. Ce n’était pas une question d’odeur. Ni la réminiscence d’un parfum. Mais c’était dans l’air. Quelque chose comme un vent. Pas une fumée. Une idée. Voilà. Ça sentait drôle comme une idée. Et c’était cela, le problème. Car depuis longtemps, ici, l’idée était un concept inutile. Il ne leur serait même pas venu à l’esprit d’en avoir une. C’était dans l’air donc. Puis il y eut une petite vibration. Suivie d’une sorte de claquement de gorge. Tous, dans un même mouvement, se redressèrent et tournèrent la tête. Seul le vieux Tot ne broncha pas. Il s’y attendait.

Depuis quelque temps, il était assailli par un pressentiment. La nuit, il ne dormait plus. Les volets grands ouverts, il scrutait les ténèbres, le dais noir du ciel, avec sa clef brillante et scintillante tout en haut. Il se disait, en regardant l’étoile, Il ne faudrait pas qu’elle tombe, car alors, tout le ciel s’écroulerait. Cette pensée l’effrayait. Non pas de la conséquence dramatique qui en résulterait pour l’univers, mais parce qu’elle semblait vouloir le mettre en garde contre un évènement dont il redoutait l’émergence. Couché sur son grabat, il tendait le cou au plus loin de ses yeux afin d’arracher à la voûte céleste un indice qui lui donnerait un semblant d’explication. Un signe, se disait-il. Si ce que je pressens est vrai, il devrait y avoir un signe. Des abysses de sa mémoire, remontait l’écho d’histoires anciennes et ténébreuses que des signes, dans le ciel, précédaient. Il regrettait qu’il n’en restât qu’un nuage de poussière dont il ne pouvait rien tirer pour bâtir un système de compréhension. Il sentait, mais il ne voyait pas.

Alors que tous venaient de sursauter, il fit comme s’il n’avait rien remarqué. Mais au fond de lui, il comprit que l’évènement redouté allait se réaliser. Il osa seulement lever un œil vers le ciel, pour voir si quelque chose, là-haut, ne s’apprêtait pas à s’écrouler, mais il faisait jour et le ciel était de verre.

21 décembre, 2018

Tendre. Nouveau roman

Tendre, mon nouveau roman, sortira bientôt chez La p'tite Hélène éditions. Actuellement en prévente jusqu'au 05 mars 2019.

Voir le site de l'éditeur.

Ce livre va un peu à l'encontre de la brutalité du monde actuel. Toutefois, le mot tendre comporte un double sens. On peut tendre les bras, comme on peut tendre un poing. Ou sa haine. C'est un livre aussi sur l'enfance, dernier rempart, peut-être, contre l'obscurantisme et le pessimisme qui pourrait nous envahir.

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15 décembre, 2018

Éditeurs acceptant vos manuscrits par mail

Nombre d'écrivains désirent aujourd'hui envoyer leur manuscrit par mail à un éditeur. Même s'ils sont de plus en plus nombreux à accepter, voire à préférer l'envoi par courrier électronique, ce n'est pas encore la majorité.

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